MARC DAVID - CLEMENTIN

« L’art est l’énigme poétique de l’humain. »
Agnès Carré, peintre Paris

 
« …Votre recherche d’une forme et d’une expression, qui s’accordent à votre tempérament et à votre propos, mérite intérêt et respect.
Tout comme votre résolution de suivre votre propre chemin quoiqu’il en coûte. »

 

  
Michael F. Gibson, International Herald Tribune, Paris

Vernissage décembre 2004 au Musée Latécoère – Saint Exupéry, 74 avenue Marceau Paris 16ème.

 

« J'ai refait tous mes calculs, notre idée est irréalisable, il ne nous reste qu'une seule chose à faire, la réaliser » P.G Latécoère

 

L'expressionnisme

L'expressionnisme est une tendance artistique caractérisée par une vision    émotionnelle et subjective du monde, qui privilégie le choc d’une émotion par le trait et la couleur plutôt qu’une représentation réaliste.
Cela a commencé à neuf ans   lors des jeudis après midi où je pétrissais avec gourmandise des rouges vermillons, incendiés par des ocres jaunes, étincelants de turquoises et d’émeraudes. Je peignais en silence sans relâche sous les yeux écarquillés de mes camarades. Puis les rencontres à dix ans avec Rembrandt et Vermeer au musée Dahlem à Berlin, avec les artistes de l’école française au Louvre à douze ans. Et Matisse que je présente à dix-huit ans pour le concours des Beaux-Arts de Paris. Matisse « le fauve » calligraphe.

Jubilation, extase, dans le souffle des rouges carmins, des bleux cobalt qui vibrent jusqu’à la nuit cernés de noir. Matisse guérit avec sa peinture. A Saint Petersbourg au musée de l’Ermitage, j’admire ses carnets d’études chaleureux. La neige tombe infiniment sur la citadelle Pierre et Paul. Goya, la période noire au Prado, déchirures, guerre intérieure, folie, après l’Andalousie solaire. Vélasquez, Zurbaran, El Greco. Tapies aux croix noires, musée Reina Sofia à Madrid. Et Nolde, Rottluff, Kirchner, l’expressionnisme allemand à Amsterdam, à Cologne.

Otto Dix force du trait charbonneux, pour approcher l’épaisseur étouffante de l’âme des hommes pendant la deuxième guerre mondiale, leur cruauté effarante. A Rome sur de vastes toiles, Caravaggio aux nuits de plomb, aux lueurs rares dans la chute de la Conversion de saint Paul. A Florence, je reste une après midi à fixer les trois grâces de Boticelli, la délicatesse des seins et des lèvres, la volupté légère des drapés. Révolution. Le Titien, Fra Angelico et l’or sacré, Giotto le céleste bleu. A Venise, visitée chaque année, en été, en hiver, mes doigts se dégèlent contre les verres pétillants d’étoile de vino fizzante... Venise... la Giudecca, San Pietro di Castello, le Cannaregio éclairés des incendies fumants de Turner à Londres. En le voyant Monet peint «impression de soleil levant», c’est la fondation de l’impressionnisme. J’ai la chance de faire deux expositions en France et à Vienne avec Sanfourche ami de Dubuffet. Il m’introduit à l’art de la folie qu’est l’art brut. Comment dire la folie ? Une certaine confusion attribue à Van Gogh d’être un impressionniste alors qu’il est bien la figure de proue de l’expressionnisme. Il est fasciné par la calligraphie chinoise et par le peintre japonais Hiroshige. Cette réponse éblouissante traverse la révolution picturale du XIXè et du XXè siècles de Matisse par les Nabis à Monet. Je tente de saisir dans la puissance de la trace engendrée par la main le souffle vital, la source originelle qui tremble aux fondations de l’univers. François Cheng dit que dans la culture chinoise ancienne, le trait est le sommet inaccessible des arts. Rencontre avec cet inestimable calligraphe samouraï Akeji, le Maître du Chi. Par le ventre, j’observe la rapidité éblouissante avec laquelle il sabre et dessine des traces cosmiques. Je me suis arrêté à ses portes de sagesse, aspiré par l’univers. J’ai avec moi une laque de Maître Akeji. C’est devenu celle de Rangiroa, dans les profondeurs bleues de la passe d’Avatoru, les coups de sabre des dauphins hors de la mer. Extase en Polynésie comme aux portes du monde. Un dimanche nous voguons sur un lagon si cristallin qu’il en est immatériel. A bord tout le monde fait silence comme dans une cathédrale. A noël à Paris en 2005 à cause d’un chauffard, je suis victime d’un grave accident de voiture. Alors que je suis à terre, je m’envole lentement au-dessus des automobiles. Je vois la rue, les gens qui vont acheter des chocolats. En levant la tête j’essaie de scruter l’opacité infinie à la recherche de la lumière. Je me réveille dans la civière et les hurlements des sirènes.

Je suis immobilisé en chambre d’hôpital pendant plusieurs mois, ma convalescence dure trois ans.

Le temps s’est arrêté. Le silence. Les tendresses des infirmières, la majesté des professeurs de médecine avec leurs fines lunettes en or. Celui qui me sauve est un taureau de génie chirurgien qui fait de la motocyclette à 250km heure. La Polynésie me hante, m’engloutit, me répare dans le bleu sacré de ses fonds marins. J’expose à Paris Galerie Mabel Zemmler. Elle a travaillé avec Restany, fondateur des « nouveaux réalistes » (Villeglé, César, Arman, Yves Klein, Niki de Saint Phalle, Tinguely). Je suis fasciné par les monochromes bleux étincelants d’Yves Klein. Mabel Zemmler m’invite à exposer avec Hains, Villeglé. Cathédrales bleues immergées des atolls. La nuit salée est tombée, le vent du large clapote contre mon cœur. Un jour j’atterris à nouveau à Tahiti avec la jeune mère de mes enfants rieurs aux yeux noirs. Ame bleue polynésienne, un baiser de vahine sur la souffrance chaotique du monde, énigme poétique bleue de l’homme.

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« L’art est l’énigme poétique de l’humain. » A.Carré

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